Le projet

Vous qui le découvrez, si vous voulez en savoir la genèse et la finalité, sachez que par honnêteté je dois vous dire que rien n’est tranché.

En fait, il s’agit probablement d’une convergence de petites sources de volontés et de hasards entrecroisés. Au départ, tout de même, il y eu une étincelle ; pas de génie ! Un ex à l’égo pharaonique débiteur de sagesses maousses riquiqui bientôt escorté d’un aéropage de confrères en drague lourde furent mes premières muses : je les étiquetais à bon droit et tout de go, « poètes ».

Conjointement, je m’étais lancée dans la grande entreprise délirante de changer le monde en changeant les hommes ! Si, je le confesse, j’avais la mégalo en ce temps d’avant, j’avais pris pour argent comptant les devises : « Si on veut on peut.», « A cœur vaillant rien d’impossible ! », et « Rien ne sert d’atteindre l’expertise, il faut partir illico. ». Armée d’une aptitude à manier les outils P.N.L. avec maestria, je m’en faisais fort d’en importuner des gens sans demandes avec le projet sincère pourtant de leur faire du bien. Mais si cette école de transformation des programmations humaines est judicieuse à certains égards, il n’en demeure pas moins qu’elle fait largement l’impasse sur un écueil considérable : les freins au changement.

Or s’il est une caractéristique de la vérité ennuyeuse, c’est qu’elle vous saute au nez au moment où vous vous figurez arriver et qu’elle ne s’en laisse pas conter si vous vous imaginez la contourner. Donc, pan sur mon nez de ma capacité à faire changer l’humain inhumain, elle me mit face au roi des obstacles : l’obligation pour s’améliorer de se voir comme on est : vilains !

« Très bien », me dis-je, testons l’hypothèse sur moi. Si ma VDM est liée à mes Vices De Merde, alors en les arrachant je me ferais plus belle la vie ! Ça valait la peine d’essayer et de boire jusqu’à la lie l’amère potion de la contemplation du dedans de moi-même. C’était ça ou la visualisation à brève échéance des racines de pissenlit. Le test, pour ne pas dire le chemin de croix, fut concluant.

Aussi, comme j’enseignais le développement personnel et que je me lançais dans l’aventure du coaching, se posait la question suivante : « Comment convaincre mes étudiants et futurs clients de se pencher sur leur caca pour sortir de leur merde ? »

Là, j’ai séché. J’ai bien essayé, mais avouez que la matière est pour le moins rebutante. Quand il s’agit de dire aux hommes ; « Vous êtes fabuleux, venez comme vous êtes, vous avez une merveilleuse richesse intérieure  » – ce qui est vrai aussi au demeurant – vous pouvez décrocher la timbale. Mais quand les problèmes les plus tragiques et nombreux viennent non pas d’une absence d’estime de soi mais du mal en soi, le plan marketing s’avère déjà moins cocasse.

J’ai alors pensé qu’un peu d’humour pour aborder la thématique de nos vilains défauts pourrait nous rendre l’approche plus agréable et faire émerger les enjeux du développement spirituel – de la conscience, de l’âme et de l’esprit – à travers quelques portraits offerts par le réel. J’ai donc cherché de nouveaux poètes dans mon quotidien, pour dire vrai je n’ai eu aucune difficulté à les trouver, à tâche pour chacun d’eux de personnifier un trait de caractère indésirable.

Quant aux justes, ils ne sont arrivés que récemment. C’est à notre grand chef national que je les dois, à son grand melon, ses moult provocations et son intarissable mépris. En effet, après une retraite du monde de quelques années, j’ai remis mon nez dans les affaires de la patrie quand Manu, à qui on espère pouvoir dire ciao bientôt, a pris la France d’assaut. Mal m’en a pris. J’en suis sortie toute démoralisée, ma dynamique de participation au progrès social et humain K.O. J’ai pensé alors qu’il fallait une bouée à laquelle nous raccrocher, des hommes de bonne volonté. Et je les ai trouvés. J’ai fouillé ma mémoire, j’ai fouillé les cieux et l’histoire et j’ai fait de mon mieux pour capter leur énergie qui donne pouvoir et nous ouvre un avenir qu’on veuille voir.

Voilà, maintenant que vous connaissez mes motivations, je peux bien vous le dire, en fait la création suit des règles immaîtrisables et que ce à quoi tout ça servira, il n’y a que vous qui le saurez, ça dépendra de ce que vous, vous en ferez et de ce que la vie portera.

 

Bien à vous.