Le covidshow des collabos

Homme en uniforme avec un masque

L’action se déroule en plein jour, en pleine lumière des rampes halogènes suant leurs lueurs froides. Dans ces hauts lieux du crime diabolisé, se danse depuis quelques mois, à pas de loups distanciés, un étrange bal de démasqués. Un mal qu’on ne voit pas, mais qu’on croit de fer, issu de quelque labo d’enfer, rode et se transfère. Il est passé par ici, il repassera par là. Les chiffres de ses dégâts en non-stop télévisés les mettent tous sous transe. Il court, il court le minus, à la télé, dans les allées, à la radio, à l’hosto, dans les rayons, sur les crayons. Il court ; nous sommes stoppés.  

S’il t’attrape, il te mord. Si on te le refile, t’es mort. Si tu le choppes c’est la cata et direct en réa, la porte pour l’au-delà. Voilà sa chanson officielle sur No-fun Radio.

Alors, dans les grands temples des marchés hypers, on sort couvert. Avec le précédent Terminator viral, nos hommes se sont mis la bite sous plastique. Avec le présent Trouillatord on a tous le groin sous papier troué. Avec HIV tu pouvais lécher mais pas niquer, avec Corona tu peux niquer mais pas respirer.

C’est pourquoi dans les couloirs de nos grands magasins, le lèche camelote naguère fort prisé, s’est transformé en champ de bagarre organisé.  Chaque caddie, chaque box, chaque article, chaque client peut te sauter à la gorge et t’envoyer voir le père éternel en express ou le néant pour incroyants. Y a de l’ambiance chez les démasqués, ça sent le lugubre !

Hier encore, des descendants d’humains qu’avaient vu la grippe, qu’avaient vu le SRAS, le H1N1, peste et rougeole et jadis la lèpre en concert de hell’s deamons, donnaient dans la civilité obligée pour du cash engranger. « Bien le bonjour ma bonne dame, que puis-je pour vous, en quoi puis-je vous être utile, puis-je vous conseiller ? » s’échappaient en mélopées de guimauve de lippes robotisées qui avaient appris leurs mimiques de singes mercatiques en cours de formatage linguistique. Ca puait l’hypocrite ; mais voilà qu’on regrette l’hypocrite !

Disparu le quidam face de barbouze qui se torturait les zygomatiques pour essayer d’escamoter ses canines quand il s’efforçait de mimer ce que sourire veut dire. Disparues la Barbie vendeuse manucurée et la caissière standardisée qui se pinçaient le nez en tentant de remonter vers les oreilles les commissures de leurs lèvres histoire de vous faire croire en leur amitié. Non, covid le 19 est passé par là, grâce à lui ils peuvent se lâcher. Les collabos du grand mal asocial, avec leurs masques se sont démaqués. A la stupeur de leurs francs ennemis, les relationnels, ils pètent malgré leur mufle sous camisole, de vibrionnant décibels !

Commençons notre repérage de ces champions de la bienséance chez les mousquetaires du coin qu’ont gardé le sens de la pique et perdu celui du service. Un petit hyper de campagne où le corona de l’année a fait une sous-performance notoire, moins de cercueils qu’au temps de sa cousine la grippe 2018.  Au barrage de l’accueil, les deux dames sergentes de sa majesté Mac Tournparond Premier ont la bienvenue aiguisée de la gent policière sur son trente et un : « Votre masque ! » Un joli ton de dogue allemand, deux coups d’œil de connivence de ces sales engeances de ménagères compères de moins de cinquante de QI, bien contentes de leur pouvoir spécial pandémie d’emmerder qui bon leur semble et vous voilà mis en condition, je veux dire biens conditionnés pour suivre la loi qui change au rythme effréné de tous les aléas, je veux dire selon le lobbyiste qui gagne les faveurs du gouvernement pour la semaine qui vient.

Si  ces chiennes aboyeuses ont peur du covid, elles le cachent bien : elles jouissent sans honte, comme tout collabo qui se respecte, de leur nouvelle place d’honneur : guerrières du covid. Elles sont promues, grâce au gouvernement contre qui elles défilaient hier, mères supérieures d’une cohorte de clients bambins à réprimander à grand renfort de claquoirs battoirs.

Qu’à cela ne tienne, je me dis, si le hyper n’est plus super, allons au super en espérant qu’il sera hyper. Là, je ne tente pas le diable, j’ai bien vu qu’il était armé d’associées zélées, je mets mon masque mais un peu tard, deux pas après l’entrée. Là, je suis chez Maldit. Le compère d’accueil masqué mal embouché me repère de sa caisse et me poursuit dans les couloirs. Délit de cache-bouche mal mis, vous exposez nos clients au décès prématuré ma brave dame. Bon, y avait pas âme qui vive dans sa boutique à cette heure de pointe de feuilleton télé, et pas de keum à contaminer avant qu’il se rapplique derrière son loup solitaire mais je suis à cette heure le potential killer à arraisonner. Je lui explique un peu les statistiques de l’INSE qui ne donnent pas au virus de l’année la palme d’or du carnage mondialisé, mais il n’a cure de la vérité, et pis si je l’crois pas, hé, les flics passent et repassent que ça devrait suffire pour que ma raison se fasse une raison.

Jeannot a toujours raison à cette heure, la raison du plus fort est encore et toujours la meilleure, le plus fort étant celui qu’a la loi pour lui, fusse-t-elle la loi qu’avait pas de sens hier et n’aura plus cours demain, fusse-t-telle une loi pour rien.

Il a peur le compère range rayons derrière son cache-self-misère ? Ben non, il fanfaronne qu’il obéit à la consigne venue d’en haut. Ça c’est bien les couards ! Ils te gueulent dessus parce qu’on leur a donné des droits sur toi, et si tu te rebiffes puissance 0,5 sur l’échelle de Richter ils se couvrent les arrières derrière la hiérarchie. Bon celui-là, maintenant quand il me voit, il file en réserve des fois que mon masque dévisserait de mon nez et qu’il faudrait réessayer de me tancer. Il a pas les biquettes de la maladie, sans quoi il ne s’approcherait pas, il a la peur de moi. Faut que je me fasse embaucher comme covid-21 la prochaine fois qu’on voudra terroriser les masses !

Donc le super c’était dans une autre ère, maintenant nous sommes dans l’ère du mauvais air, celui où le gars de l’accueil te proute au pif des consignes copiées sur BeeêFaitMerde. 

Aussi, chez Maldit, quand je jour viendra de noter la meilleure chaine de magasins de redressement, je voterai pour eux, enfin pas sûr parce qu’il y a encore des candidats sérieux au concours de la meilleure schlague. Cela, je l’appris par un petit détour au centre-ville, histoire de cantiner gentiment dans ma ville pas encore sous masque intégral.

Je commençais à m’user la patience à enlever et remettre mon condom facial à chaque commerce quand je franchis visage escamoté la porte d’une de mes boutiques jusque-ici préférées. Là, je tombe tout pile devant le groom de ce jardin fleuri, l’antre des crèmes aux plantes guillerettes qui font coquettes même les vieilles minettes, un distributeur de gelée alcoolisée pour mes mains infestées. Interdite, j’hésite à obtempérer au charmant message imprimé sur l’accueillant muet mais autoritaire : lavage des mains obligatoire. Je n’ai pas le temps de me dire que question hygiène je viens juste de me les désinfecter chez trucmuche, que la charmante connasse que je croyais dûment muselée me tance gentiment d’une voix suave bien entrainée : je vous invite à vous laver les mains avant d’entrer. Moi perfide, juste pour plaisanter et parce que je n’aime pas qu’on torture les mots pour masquer une ordure sous un vocable joli, je lui demande : vous m’invitez ou vous m’obligez ? Rectification de la donzelle ; elle m’oblige. Bon, puisque le chat s’appelle bien matou, je prends quelques secondes pour savoir si mes achats prévus méritent que je me soumette. Je n’étais pas loin de l’excuser rapport à l’obligation patronale qu’elle doit respecter quand je la vois échanger outrée entre bonnes amies qu’ont trouvé un bon sujet à languedevipériser, façon elles femmes de bonne compagnie contre moi, la mal éduquée qui met des vies en danger. Ça m’a aidé à me décider. Demi-tour droite et direct la sortie, sans passer par la case panier, sans passer par la case CB.

Avaient-elles peur du covid, ces mégères masquées ? Peut-on être à ce point sûr de soi et avoir les foies ? En même temps LREM je veux dire ?

Donc là, la gardienne du bon goût de la dictature aseptisée a fait monter le score « human friendly » de sa boutique de rince doigts à la camomille au-dessus des hypers supers des gueules en demie trogne.

Du coup, pour le centre-ville, c’est cuit. La sortie sympa du mois s’étant transformée en succession de chiennes gardiennes des bonnes mœurs dystopiques, je décide de les mettre en quarantaine pour quelques mois.

En attendant que la peste covidienne ait fini de décimer ces furies qu’elle n’a même pas commencé de faire éternuer (les anti-masques, je dois vous dire à regret que si le masque empêche de bien respirer selon vous, certaines ne manquent toujours pas d’air malgré trois mois derrière), je file chez Bioman II, qu’a repris le petit commerce vert de Bioman I. En principe, chez les alternatifs, on est un peu moins stressés de la life et un peu plus confiants en mère nature. On cultive son immunité aux substances had hoc, on se prémunit des virus à la propolis et on se soigne aux plantes. C’est pas une cousine éloignée de la grippe qui leur raboterait si facilement le moral. Et bien si, les bios maintenant sont rangés de la courgette, ils sont pro-système qui débloque à bloc. Pas le temps de faire trois rayons qu’une fibre du masque me chatouille le nez. Je menace d’éternuer et je me dis que si ça arrivait j’aurais tout le magasin en alerte à Malitoux et qu’on se jetterait sur moi à masques raccourcis. Voulant éviter de passer pour human bomb à virions, je me retiens tant que je peux et file fissa coté des produits ménagers où y a pas ménagère pour me déménager. J’ose un bout de nez au-dessus du papier collé et je me fais alpaguer sans tarder par bioman himslef, sorti de derrière sa caméra cachée, pour me signifier élégamment, comme un docte père qui éduque ses bons enfants de quatre ans, que le masque ne se porte pas comme ça. J’étouffe un étouffement qui manque de faire exploser ma narine, quand je surprends à l’autre bout de l’allée un sexa sexy avec sa mamie sexy too me regarder d’un air horrifié parce que j’enfreins la loi du port du masque obligatoire selon critères réglementaires. Du coup son œil courroucé me fait oublier mon nez qui ayant respiré à plein, ma poussière a expulsé. Je recouvre mes narines derechef, termine le parcours d’achats en battant mon chrono pour échapper à ces dingos et me voilà sur le trottoir. Ouf, j’ai réussi à décrocher mes essentiels du mois, pour le prochain faudra voir sur internet, pour le côté amabilités ce sera plus safe. 

Etaient-ils verts de peur ? Bioman, toujours aussi bien nipé, était asymptomatique de la tremblante du chocotteur qui fait dans son false siglé. Quant au vieux beau, l’avait toujours trop de visage à découvert pour masquer sa jouissance du donneur de leçons façon suprématiste masculin, très au fait de son droit de rabrouer par octroi d’une licence to kill d’un même coup la liberté, l’égalité et la fraternité. Il avait reçu cinq sur cinq l’injonction des autorités à stimuler la citoyenneté, autrement dit, l’appel à lyncher.

Quand est-ce qu’on va leur masquer leur mauvais œil ? La malédiction du regard fusilleur ce n’est pas bon pour la santé mentale des affectifs, c’est effect tueur ?

Suite à ces festivités de courses masquées ohé ohé, pour me remettre de toutes ces joyeusetés citoyennes, je me suis repayée une semaine de retraite chez myself, laissant à ma fille le soin du ravito. Puis, le démon de la récidive m’a repris. J’ai tenté le magasin de brico, ohhh ! Maintenant que je suis au point sur les flashs boulettes des piquadores, je fais tout bien. Le masque dès l’entrée, le parcours fléché, la distance de sécurité avec le bricopote affairé à dégoter ses clous, tringles et vis et me voilà devant la caisse toute caparaçonnée de plexi. Je respecte la marque au sol ; le parcours parfait ! Je pensais que l’adjudant-chef du camp d’entrainement pour sociopathes actifs allait me donner un satisfecit quand, à la caisse, patatras. Ma fille devant moi se fait gauler par le cerbère final pour muselière en laisser-aller sous le nez. Bon, là je me dis qu’elle abuse la matonne vu qu’elle est derrière une muraille de plexi maousse haut et un masque de si gros calibre qu’elle doit respirer en continu et sans recyclage l’air vicié qu’elle exhale. Mais non, elle lui tape le sermon qu’on s’est déjà tapé pendant la visite par haut-parleur au-dessus de leurs miradors, le même que tous les marchands de terreur : le covid vous pend au nez, villes rouges, villes écarlates, clusters couleur de sang, la boutique prend soin de votre santé, mettez les masques, c’est obligé, deuxième vague, troisième vague, vague vague, vague bleue, blanc rouge, éternel retour de la vague, la vague, le retour, les mutants du covid contrent-attaquent, le virus circule et vous enc… . En résumé pour ceux comme moi qui en ont marre du film, les malades bien portant se comptent à la pelle et ils sont parmi vous…

Bon ça au moins c’est sûr, les malades circulent. De quelle maladie ils sont frappés, ça reste à déterminer mais ils circulent et ils beuglent à qui mieux mieux depuis que les muselières noires ont fait leur apparition et exacerbé leur coté chien. Mais ce coup-ci, la gueularde s’attaque à ma fille alors moi, là, je dis faut pas. Je lui demande si elle exige un rectificatif dans sa façon de porter le masque parce qu’elle aurait trop peur du covid ? Elle ne comprend pas la question, son silence et ses yeux l’attestent. La peur ne semble pas être le mobile du cri, de sa montée de bile. J’en balance une seconde puisque j’ai l’avantage de sa stupeur, elle ne doit pas avoir l’habitude d’être discutée à la maison par ses mioches et papa qui doit ranger ses chaussettes dans la corbeille la queue entre les jambes et sans piper. Je lui demande si elle a sa qualification d’agent de police. Là, ça fait hic. Comme dans toute prise de risque très modique du clampin malin, en cas de prise à dépourvu il a le parapluie tout trouvé : ça vient du chef. Donc maintenant qu’elle est décontenancée, elle ne fait plus toute cette police de son plein gré mais parce qu’elle est obligée. Sa jubilation à rabrouer serait donc due à son plaisir d’obéissance contre son gré ? Top crédibilité !

Ainsi, nos aimables magasins sont à nos petits soins. Jugez. Le chef ordonne à ses caissières, si le masque n’est pas porté conformément par le client qu’est le roi des dangers publics, d’avertir l’autorité marchande supérieure après coup de semonce règlementaire. Elle-même appellera les forces spéciales de répression du grand banditisme à visage découvert pour soutirer au covidiot, comme ils les nomment, une centaine d’euros. C’est bien ce que je me disais. Avant ce sale temps, nous étions des clients. En échange de larguer nos sous dans l’escarcelle du magasin, nous étions courtisés, chouchoutés et tout et tout, on nous faisait des rabais tout plein, des cadeaux, des portes ouvertes. Maintenant on nous jugule derrière des barrières, on nous canalise dans des circuits conçus pour les bêtes d’élevage  et on nous file des poings fidélité !

Je renonce à discuter. A ce niveau-là, y a plus à discuter, la logique s’est barrée, on tourne en rond dans la déraison de la reine des cons quand sa majesté houspilleuse se retourne hors sa cage bien isolée et fait vers moi quelques pas répréhensibles de lèse-distance de sécurité pour me montrer à quel point elle est bien protégée par le brico entrepôt collabo.  

Et là, je ne peux m’empêcher devant son air bien satisfait de lui rétorquer : si vous êtes si bien protégée c’est que le covid n’est pas un si gros danger. Combien de morts dans votre famille, parmi vos amis ? Zéro pointé.

Voilà pour dire aux bonnes volontés qui ménagent les bons citoyens à l’anonymat préservé d’arrêter de les excuser au nom d’une soi-disant frousse. Ce n’est pas la peur qui les motive le plus dans leur répression des libres-vivants. A Paris peut-être, dans les villes où il y a eu des morts surnuméraires d’accord, il peut y en avoir, des morts de peur. Mais quand on a peur, on ne fait pas les malins, on ne porte pas le masque bien haut, fiers d’être des héros comme dit la pub de notre bonne ville de Limoges. Oui, à Limoges, si tu suis le troupeau, si tu te protèges de ta trouille en ayant pas honte de l’afficher, que tu fais de l’excès de zèle en portant ton masque partout partout même quand t’y es pas obligé – on est en couleurs pâlichonnes nous, probablement grâce à notre faible densité de population – t’es un héros. Avant le héros bravait le danger pour sauver les autres au péril de sa vie, maintenant le héros se protège des autres et de leurs tentatives de lui causer, donc de l’emmerder, avec l’appui des hauts cons patriotes.  Toujours ce retournement du sens des mots !

Ici, en Haute-Vienne, je peux vous le certifier, ils ont encore la grande gueule les pro-masques et il leur faudra encore quelques mois sous oxygène limité et une piquouse salement dosée avant qu’ils ne se la mettent en bémol, qu’ils arrêtent de cracher leur haine de l’humanité à la demi face qui nous reste et de réprimer toute sociabilité en se cachant derrière l’autorité et un carré d’intissé.

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