Coronavirus : les sidérés me sidèrent

Un conseil en placements très actif sur le net dans le rôle d’expert qui cause 7/7 sur tout pour ramener tout aux sous, relate l’état de sidération dans lequel se trouvent les actionnaires depuis que les bourses plongent par suite de l’épidémie de covid-19.

Sidérés, ils sont sidérés les mecs parce que la bourse plonge ? Non, sérieux ? Toute l’économie et donc la situation matérielle de quasiment tous les gens du monde dépendent peu ou prou des cotations boursières. Si la bourse fait krach, l’économie fait boum, nos salaires font plouf et les placements vont au trou noir. Ça ils ont compris ; mais ils ont pas compris c’est quoi la bourse là ! Je parle volontairement en n’importe quoi novlangue charabia car en bon français dans le texte ils ont pas encore pigé où qu’ils ont mis leur fric les sidéros !

La bourse, le Cac, le Nikkei et le Nasdaq, je vais vous le dire ce que c’est : ça s’appelle un casino, les mecs ! Oui, ce truc où tu mets tes sous sur le rouge ou le noir, où tu paries ta fortune sur un tirage de cartes, ou tu escomptes que tu feras la nique à baraka en alignant des fraises et des tomates sur un bandit manchot. A la bourse tu paries sur tout. La pluie qui fera pousser le coton en Inde, le soleil qui desséchera la récolte des Ougandais donc donnera plus de valeur à celle des Vietnamiens, le rachat de bidule par truc, la fusion de trucmuche avec truc-chose, la faillite de machinchose, la prise de bénef de Mactruc, les humeurs de la FED, les guérillas peu diplomatiques et j’en passe. Si tu paries bien, tu fais bingo, si tu paries mal tu fais ko, et si tous les joueurs parient mal ensemble, ça fait colossal bobo.

Mais ça ils comprennent pas. Eux ils croient que la bourse c’est scientifique, qu’avec des courbes, des mathématiques ardues, des gestionnaires de placements, des stats de dividendes, et tout le tintouin, c’est sans risque. « La bourse, c’est le plus rentable sur le long terme » qu’ânonnait l’autre bavasseur économique, la rengaine qu’on cause dans les bonnes officines pernicieuses quand les places monétaires dévissent. Donc, quand un inattendu, pourtant statistiquement prévu, met comme qui dirait un os dans le potage de la corbeille, ils comprennent pas pourquoi qu’ils perdent ! Ils sidèrent ! Nan, pour eux la bourse c’est Las Vegas, comme la Céline y braille, ils croient au chant de la sirène. Quand t’y vas-tu peux pas perdre ! Ben si nigaud. Les jeux d’argent c’est les jeux d’argent et le jeu c’est un truc où y a toujours eu plus de perdants que de gagnants ! Tous les gosses, dès cinq ans, ils peuvent te mettre ça dans les dents !

L’autre truc qu’ils pigent pas, les gogos du loto des bobos, c’est que la bourse c’est lié au réel, IRL qu’on dit maintenant.  Ben si ! La plupart du temps ça marche en circuit fermé ; on se fait monter les cours entre amis et comme on a tous à y gagner, on fait souffler le vent dans les voiles des cours histoire de se faire une belle bulle et de la faire gonfler un max en pensant bien qu’un jour elle éclatera mais en croyant que c’est juste une hypothèse pour incroyants. Et tout d’un coup, dans leur jeu, y a des zigotos, genre des p’tits virus de rien du tout, qui décident de changer de boustifaille, et de bestiolivores devenir hominivores. Et là, le mutant virus qu’a changé de régime, ben y change toute la donne ! Et ils l’ont pas vu venir, le minus, tout qu’ils étaient accros à leurs ordis à mater des chiffres à donner le tournis. Oui, l’irruption de la vie dans la salle de jeu, c’est méchant, méchant ! Nan merde, pourquoi qu’elle vient nous faire chier la vie, là !

Ben le virus qu’il leur répondit : « Wesh les keufs, fallait pas venir déboiser chez moi, j’ai plus d’quoi bouffer dans ma casbah alors qu’avec vous y a du ravito pour toute la famille élargie ! »

Chacun sa logique tu vois ! L’humain parie sur des chiffres pour se remplir le bide, le vivant parie sur notre steak pour pas risquer le biocide.

Mais nous qu’on est malins crétins on oublie la vie, on la met dans de mauvaises mains, on la joue à quitte ou double. Les humains, on est tellement vraiment intelligents, qu’on a mis toute notre vie dans une valeur qui ne vaut rien : l’argent. Oui l’argent ! L’argent, ce maître du monde, ce maître de votre temps, de votre tête, de vos stratégies, ce moteur de vos obsessions, n’est que du vent !

Vraiment ? Je vous entends, vous ne me croyez pas, vous croyez que je mens. Okay. On se donne rendez-vous en bas de page et on en reparle.

La preuve, j’entends hier, dans une émission de radio, que Trump, l’inénarrable président ricain, avait fait pression sur la Réserve Fédérale pour filer des liquidités pour rien, des prêts à taux zéro, pour surmonter la crise qui commence, sans considération pour le déficit qu’il allait encore creuser. Oui, a surenchérit la journaliste, on sait qu’il prend le déficit américain pour rien. Mais normal bichette, il est un gros plein de pèze qui manage ses affaires super balèze. Il sait que le déficit c’est rien, que c’est que des écritures, du symbolique. Ça ne vaut rien de rien. Y a que sur Beaux Filous Menteurs & consorts (qu’on les sorte vite surtout) qu’on nous dit qu’il faut rembourser la dette mais personne ne nous dit comment qu’ils ont fait les sous qu’ils nous prêtent. Ben, ils l’ont pas dit parce que sinon on bosserait plus les mecs ! On demanderait tous le revenu universel parce que l’argent y se fait tout seul. Y a qu’à le demander, c’est-à-dire demander un prêt et pouf le Gripsec de Gringotts, la banque des sorciers du flouze, fait un papier sur lequel elle inscrit les chiffres, les sous, et pouf, créé le fric ! L’argent magique il existe, il s’appelle l’argent tout court ! C’est pour ça que notre bon roi, Motsalacon, en trouve quand il veut pour qui il veut du pognon !

Notre monnaie est une monnaie dite fiduciaire c’est-à-dire une valeur fictive fondée sur la confiance à celui qui l’émet. Et vous les connaissez-vous les types « dignes de confiance » qui l’émettent ? Elle a donc la valeur qu’on lui donne et point barre ! Si le people croit plus au papier vert, le papier vert y a plus rien valoir du tout !

C’est tellement simple, c’est tellement basique, tellement loin de ce qu’on a intérêt à nous faire croire et qu’on veut croire, que vous allez pas me croire. Alors comme vous êtes confinés et que vous avez du temps à fusiller, lancez la recherche sur votre moteur préféré : « Et comment que ça se fait l’argent papa ? ». Vous allez être écœurés !

Mais ça ne vous empêchera pas de vouloir croire encore à la bonne blague du capitalisme :

Faut travailler, faut travailler pour empêcher le ciel de tomber,

Faut travailler, faut travailler pour remplir ses poches de billets

Faut travailler, faut travailler parce que sa vie faut bien la gagner

Faut travailler faut travailler sinon tu sais pas à quoi t’occuper !

Et pour les sidérés, z’avez aucune excuse,
même les « gau-go, les gaulois » ils savaient déjà ça !

 

Astérix : Tous nos copains sont pleins de sesterces, que vont-ils en faire ?

Panoramix : Pas grand-chose… J’ai appris qu’il y a une grande crise à Rome, due à je ne sais quoi. Toujours est-il que le sesterce est dévalué.

Astérix : Eh ?

Panoramix : Le sesterce y en a plus rien valoir du tout !

 

Astérix et Obélix : Le Domaine des Dieux – René Goscinny. 

Lettre d’information

Pour ne rien rater des nouveautés du site, inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle.

Partager

Pour en faire profiter vos amis.

13 Partages
Partagez13
Tweetez
Enregistrer