Ces pauvres gentils agriculteurs agribashés

Qui c’est t’y qui tombe sur le cul en lisant les revendications des agriculteurs lors de leur dernière montée à Paris ? Bibi.

Menés par la grande cavalerie tractorisée de la FNSEA, poids lourd syndical fortement enraciné dans le terreau nourricier du pouvoir politique, ils entendent obtenir le beurre « glyphosaté » et l’argent du beurre OGM, soit le permis illimité de pulvériser ce qui les arrange et nous dérange avec notre reconnaissance éternelle en guise de prime PAC (Prime à l’Alimentation des Crétins).

Leur grande motivation : un énorme sentiment d’injustice !

Ainsi, leur cahier de doléance fort relayé par les médias sponsorisés, démarre par les amuse-gueules ; « Nous pauvres agriculteurs malaimés de ces ingrats de français qu’on nourrit à perte» avant que de s’éructer dans une saine colère :

« Je ne supporte pas d’être traité d’empoisonneur ! »

 

Sur cette base bien remontée, leur cheftaine Renardenfoirée, demande à hauts cris le maintien du droit de pulvériser jusqu’à notre pas de porte pesticides, fongicides et autres herbicides. Ils estiment, nous en sommes avec eux chagrinés, que des connards d’écolos, bobos et con-citoyens villageois, entendent restreindre leur liberté de polluer et se trouvent mal, les « psychoteurs » professionnels, de tousser et se faire des cancers pour nothing.

J’ai eu la chance d’habiter à côté d’un grand champ en rotation de culture blé-tournesol et mon doux voisin, exploitant de sa terre au grand cœur, tout à sa mission sacrosainte de nourrir la France, aspergeait sans modération dès le retour des beaux jours sa parcelle d’un mélange senteur Lubrizol qui n’entendait pas respecter les limites de propriété. Evaluation pifométrique des notes poétiques des substances chimiques : malsain !

Mais je me tairais dorénavant ; ils ne supportent pas d’être traités d’empoisonneurs !

C’est qu’ils ont leur sensibilité, leurs allergies à eux. Les mots de désamour leur font un mal de chien quand les intrants tous azimuts leur font juste rien. Enfin, jusqu’à ce qu’ils en tombent malades, parce qu’après c’est pas la même chanson. Ils font des procès comme les autres sur l’air de « On ne nous avait pas dit » et se précipitent à la sécu pour réparer les dommages qu’ils se sont eux-mêmes causés. Mais faut pas leur dire parce que l’auto-empoisonné

ne supporte pas d’être traité d’empoisonneur.

 

Forts de cette logique rongée aux fongicides, nos quémandeurs grogneurs implorent du gouvernement qui les préserve, on se demande bien pourquoi, de son traitement préventif aux lacrymos des présumés salauds, une loi pour combattre l’agribashing.

Bon là ils ont raison, quoi ! Toutes ces têtes d’enfoirés qui prétendent les critiquer au prétexte qu’ils trouvent du glyphosate dans leurs urines, leurs fruits, leur pain et leur vin. Sans compter les milliers de basheurs fous qui font des procès au Roundup de par le monde parce qu’ils estiment, les débiles, que l’herbicide a poussé son champ d’action létal un peu plus loin que les adventices et pété leur santé. Mais ils devraient se rappeler avant d’ouvrir leur bec métastasé et leur sperme stérilisé qu’à la FNSEA :

on ne supporte pas de se faire traiter d’empoisonneurs !

 

Heureusement, nos agris limités dans leur liberté d’épandre à côté des habitations par des maires dérangés, trouvent d’autres politiciens humanistes, eux, pour compatir à leur sensibilité outragée pour simple recension des faits. La consommation des « phytosanitaires » par exemple, est en hausse constante inquiétante depuis des années malgré des appels incessants à une agriculture raisonnée. Nonobstant la réalité d’une concentration des substances incriminées dans la nature et les corps qui nuit à la santé, certains de nos chics édiles, sanglotant à leurs souffrances pathétiques, parlent déjà d’une loi pour limiter notre possibilité d’alerter des dangers de leurs pratiques pas éthiques. On va donc bientôt se retrouver au tribunal pour simple fait d’énonciation des vérités qui les dérangent. Il faut dire qu’il y a urgence : les pollueurs potentiels sont à bout :

ils ne supportent pas d’être traités d’empoisonneurs !

 

C’est qu’ils le kiffent grave le Roundup ! Parce qu’il leur évite le taf de désherber mécaniquement et facilite la récolte et la maturation de certaines de leurs productions quand il est pulvérisé juste avant la récolte, hum, la panacée ! Si vous découvrez ce dossier, vous apprendrez que non contents de « nettoyer » la terre des mauvaises herbes avant semis et pendant la croissance des semis, certains poussent le vice de paresse jusqu’à asperger du glyphosate en préparation magistrale avec d’autres mignons petits jus juste avant la récolte. Ça s’appelle poétiquement le green burndown, une technique qui a pris son envol dans les années 2000 pour obtenir une dessiccation totale des tiges. C’est aussi le must accessoirement pour faire exploser la teneur des végétaux en toxiques pour qu’ils soient bien longs en bouche lors de notre dégustation ! Bon en Europe ils l’ont interdite, la technique, mais vu le nombre de contrôleurs pas recrutés qui sillonnent pas la cambrousse et vu qu’ils nourrissent leurs animaux en masse chez le paysan US qui fait dans le XXL à toutes occasions, on frise l’overdose. Miam !

Mais loin de moi de les traiter d’empoisonneurs puisqu’ils ne le supportent pas !

 

Pourtant le sinistre trio de killers de biodiversité – pesticides, fongicides, herbicides – utilisé en cocktails « paysanov » est accusé partout dans le monde et depuis des années de provoquer des cancers de type non hodgkiniens, des leucémies, d’être à l’origine de la hausse spectaculaire de la stérilité tant masculine que féminine, de l’envolée des cas  d’autismes (un enfant sur cent chez nous, un sur cinquante aux USA), des troubles du comportement, des malformations congénitales, des allergies à grande échelle, de la mort en masse des abeilles et, malheureusement, etc.

Mais les exploitants agricoles n’y sont pour rien, ce ne sont pas eux qui les achètent, les pulvérisent et ont fait le choix de cette agriculture-là parce que vous pensez bien, ils ne supporteraient pas d’être traités d’empoisonneurs !

Néanmoins, toutes ces affirmations ne sont évidemment qu’allégations non fondées bien que le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer émanant de l’OMS) classe le glyphosate comme cancérigène « probable » puisque les études ne prouvent rien quelles que soient leurs conclusions et affirment tout et son contraire ! Je raffole de ces incapacités scientifiques qui en presque cinquante années d’utilisation massive du glyphosate ne savent pas sur quel pied danser concernant son innocuité ou nocuité. Ils sont à égalité de compétence avec les gouvernements qui promettent de cesser de l’autoriser tout en prolongeant son agrément. Qui qu’on prend pour des cons ? Chut ! On n’a pas le droit de dire qu’on digère mal ces épandages et ces enfumages parce qu’il faut avant tout préserver la santé émotionnelle des agribashés.

Ils ne supportent pas d’être traités d’empoisonneurs, je vous le rappelle.

 

C’est pourquoi je suis extrêmement désolée de le leur mettre sous le nez, mais les plaintes devant les tribunaux menacent l’existence même de Bayer, le bien « avisé » géant allemand qui a racheté Monsanto et la marque Roundup pour des grosses bouchées de pains de Géant pas encore vert de rage. Les dédommagements déjà octroyés aux premiers plaignants font dévisser ses cours en bourse. De plus, devant toutes les class actions qui se préparent, plus de 10 000 procès seraient en préparation dans le monde contre le gentil produit tueur d’herbes sauvages, le pauvre industriel a dû licencier 12 000 personnes en Allemagne ! Ah, certains jours la bourse prête à sourire ; elle si insensible aux affres des hommes punit si justement les infractions au code du profit qu’elle en devient touchante !

Ceci étant, malgré cet accablant constat fait par certains, nié par d’autres il est vrai, nos amis les exploitants terriens et éleveurs d’animaux en mode concentrationnaire, voudraient qu’on les aime et mieux qu’on leur dise merci ! Je ne sais pas vous, mais moi j’ai une panne affective là !

Mieux, je vais vous dire ce qui est une expression du vrai amour, c’est d’alerter sur les dangers encore et encore, non pour polluer les esprits, mais pour qu’on puisse agir à temps et s’en protéger. Ce n’est en rien du bashing, c’est du soin de son prochain, ne vous en déplaise !

Nota bene

1- 

Je ne considère ci-dessus que des pro agriculture déraisonnée et des insolents qui font procès à ceux qui souffrent des conséquences de leurs pratiques excessives et abusives. Il y a fort heureusement des agriculteurs qui font bien leur métier mais quand on sait qu’à peine un peu plus de 10% d’entre eux sont passés au bio, et qu’à surfaces cultivées diminuant la quantité d’intrants chimiques va globalement en augmentant, on comprendra l’énervement !

2-

Comme j’énonce des choses dont beaucoup sont controversées, je vous incite, si ce n’est déjà fait, à faire vos proches recherches. Je ne suis pas journaliste, mon propos est de mettre en lumière des types de comportements excessifs et des manœuvres manipulatoires, ici l’art de se faire passer pour innocent tout en exigeant l’interdiction d’expression de tout un chacun.

3-

Il y a pléthore de sites d’information sur le sujet, notamment celui bien fourni de « Reporterre » (https://reporterre.net/).

Personnellement, je vous recommande la vidéo de l’Université de Liège où le professeur Vincent Castronovo explique le rôle fondamental du microbiote intestinal pour notre santé et pourquoi il prône une alimentation à l’abri de ces contaminants utilisés par l’agriculture conventionnelle. En plus sa science est teintée d’humour, raison de plus pour ne pas se priver ! (https://www.youtube.com/watch?v=uzdvI2GPVPc)

Une belle histoire d'agriculteur

Lou ptit payo fini avec signature

Lou p’tit payo

Lou p’tit payo a un trésor, on lui dit qu’il ne vaut plus rien. Un héros simple et de bonne souche, les pieds dans l’histoire, pour faire rentrer le patrimoine dans notre bien futur…

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