Benchmarker les cons

Excusez l’anglicisme mais « prendre les cons pour modèle » ça sonnait vraiment moins bien.  

Précédemment dans « Comment on est devenus cons » vous m’avez vue aux prises avec le number one de ma commune essayant de me refourguer ses éoliennes, les dames blanches labellisées énergie verte pour passer leurs turbines au Monsieur Propre.

C’était l’occasion de vous démonter une petite astuce de commerce pour embobiner le chaland et lui refourguer de la quincaille inutile et qui coûte parce que tout le monde n’a pas eu la « chance » de faire des études de communication où l’on apprend l’art de manipuler les gens pour les rendre bêtes et méchants donc consommant. La bible de la com étant intitulée : « La soumission librement consentie », vous aurez tout compris !

Donc, notre bon maire ayant plus d’un tour dans son sac à boniment, je vous en ai gardé un au frais que je vous sers aujourd’hui, quelques amuse-gueules en prime.

Nous en étions au final d’un entretien en mairie, où pas convaincue alors que les moulins qui brassent du vent apporteraient un plus à ma vie, j’avais dit « non merci ». Gratifiant l’édile pro du recouvrement de créances d’un froncement du sourcil à une de ses tactiques de camelot, il s’était trouvé obligé de sortir un joker de sa mallette à artifices. Ça donnait ceci :

« Il y a des gens qui sont venus me voir la semaine dernière car ils veulent comme vous acheter une maison dans notre commune et ils ne sont pas gênés du tout du projet d’implantation d’éoliennes géantes car… – c’est le « car » qui fait le « cas » – ils ne seront pas directement impactés là où ils veulent s’installer.

Ah, la belle mentalité ! De qui ? Des entrants ou du politique qu’a un hic ? Les deux mon général.

Les premiers pensent que du moment que ça n’emmerde que les voisins, ça ne les empêchera pas de dormir. Bon, y en a des pires notez, ceux qui pensent que les éoliennes c’est très bien précisément parce que ça fait chier les voisins ! Ce « je m’en-foutisme » de ce qui arrive aux autres est la plaie de ce pays depuis ces années où on nous a vendu l’égoïste comme l’archétype de l’homme idéal et le mythe de l’autosuffisance personnelle comme un but désirable et, attention mirage, atteignable !

Donc le gogo idiot pense que sa maison sera dans le secteur protégé des nuisances des centrales électriques sur giga pilotis alors que tout le village sera en vérité dans le secteur le plus malsain qui soit : les deux kilomètres sous leurs frondaisons ! Tout ça parce qu’il ne les voit pas encore, qu’il ne s’informe pas, qu’il ne se les représente pas, qu’il ignore de ce fait qu’elles surplomberont tout en coassant nuit et jour ! Tout çà surtout, parce qu’il évalue sa paresse mentale pour bien avisée, qu’il se croit malin du bas de son ignorance et qu’il prend de surcroît ses désirs de tranquillité pour des réalités.

Ce qu’il ne sait pas le buté pas futé, c’est que les six communes voisines auront elles aussi leurs petits complexes de turbines qui couinent ! Monsieur le maire ne vous l’a pas dit ? A moi non plus ! Conséquemment, s’ils sont aussi mous du genou à repousser les investisseurs que notre conseil municipal à nous, sa maison sera cernée de tous les côtés puisque notre village a la chance carabinée d’être plein dans le mile. Cool. Ça sera trop chouette, je ne résiste pas au plaisir de vous faire visiter.

Vous voilà arrivés mesdames et messieurs dans notre contrée bien isolée, bocages et verts pâturages à perte de vue, villages en pierre de taille, marres pour agrémenter et clochers d’époque pour tout couronner. En pointant votre mire au nord vous pouvez admirer un champ d’éoliennes au travail et si vous enlevez vos bouchons d’oreilles vous serez revigorés par le rugissement du métal hurlant sur un air de techno-parade. En vous retournant maintenant, vous vous extasierez au sud sur une lande de grand moulins à vous broyer les noix dont les fins connaisseurs acousticiens apprécieront les notes acidulées sur des harmoniques en casse tympan majeur ! Puis, vous basculerez dans une nouvelle source de jouissance charnelle en vous orientant à l’ouest. Votre vue s’épanouira captivée par un lot d’arborescences en mix métallique et plastic méga techniques et vous vous laisserez pénétrer avec extase par le courant puissant d’ondes et de vortex emmêlés à vous tournebouler les sens. Enfin vous serez ravis à l’est par l’ombre lancinante des pâles d’une forêt de cactus géants sortis tout droit de l’ère « conéfière » zèbrant les murs de traits en noir dans leur folle équipée macabre.

Mais le must, chers amis visiteurs venus de contrées polluées pour vous rafraîchir le corps et l’âme à la pure source de la naturalité, c’est de tenter la grande attraction de notre hot spot Haut-Viennois intitulé : « Le bad trip de la pâle ». D’abord, entre chien et loup, vous verrez les feux s’allumer en haut des tri-dents, des lucioles échevelées clignoter bien au-dessus des cimes et révélant à vos yeux ébahis un rond de sorcières de flashs luminescents. C’est alors que vous entendrez la chouette hululer à sa nichée, les implorant de se mettre à l’abri car la frénésie s’apprête à commencer. DJ Venividivici aux platines, voilà que ça crache des volts, que ça flashe plus vite que les radars à Ed Phil, que ça stroboscope dans un grand show à vous décoller les rétines. Dans le déferlement des décibels qui hurlent à la lune, vos pieds vont s’arracher du plancher et rien ne s’aura plus les arrêter… de décamper !

Mister Has-been, lui, ne pense pas que ce sera notre croix, ces crucifix-là, parce qu’il croit ceux qui disent qu’on a pas le choix. Ce qu’il ne sait pas c’est qu’une fois qu’on aura baissé notre froc pour offrir sans chicaner nos terrains aux as de l’arnaque, ils sauront qu’on est des lâches, des ventres mous, des dégonflés, ils nous en fourgueront d’autres sans option de dire  « non » parce qu’ils ne savent plus où les caser ces rotors retors.

Au final, ce triste tempérament avachi du QI, quand il aura lâché les autres qui sont à ses côtés, il sera lâché par eux un jour à venir où le prochain avatar du « progrès » s’installera chez lui. C’est comme cela le handicap d’idiotie, s’il produit de mauvais fruits c’est juste par retour d’amabilités !

Ainsi, connaissant le bon fond qui touche le fond de son concitoyen, notre bon maire a cru la partie facile de jouer sur notre non-sens du collectif pour tenter de me convaincre que moi, là où je voulais acheter, je ne serais pas dans le cercle fatidique !

Mais, si on omet l’omerta sur le caca, la vérité à bien quelques chances de me rendre gaga. A moins de cinq cent mètres d’une habitation, ils ne peuvent pas mettre d’éoliennes, trop énergie tue ton énergie, tu vois ! Entre cinq cent et un kilomètre, les remontées terrain posent que les maisons deviennent invendables car invivables. Mais, dans les kilomètres suivants, on observe juste une décote de 20 à 40% des biens immobiliers car, voyez-vous, les gens qui trouvaient les éoliennes chics sur photos ne peuvent plus les voir en peinture en vingt-quatre heure chrono quand elles sont dans leurs patios.

Allez c’était bien tenté monsieur le maire, sauf que la blonde elle n’aime pas imiter les cons. Y’en a qui se trouvent malins de suivre la majorité même quand elle oublie de penser grâce à BFM TV ou qui trouvent leur saleté légitimée quand elle est bien partagée. Du coup, elle a cherché à savoir ce que vous lui cachiez, et elle l’a trouvé. Des gens qui ont eu la malchance d’être lotis en éoliennes avant nous, l’ont dévoilé le pot aux roses, et ça ne sent pas la noble fleur ni le patchouli mais bien le cul de porcin. A eux je dis merci !

Quant à vous je dis « Ne vous avisez pas de vous trouver outragé ou calomnié, je n’ai transcrit que ce que vous vous faisiez fort de me faire gober. Parfois, monsieur le maire, la meilleure façon de ne pas se décrédibiliser, c’est encore de se taire. Quant à ce que je pense de vous le voici : « Quand on trompe ses administrés, qu’on leur cache la vérité, quand on vend et détruit la contrée dont on a hérité pour quelques bouchées de retombées économiques qui en feront perdre d’autres dans la foulée, faudrait voir à pas la ramener ! ».

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